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| La Septante |
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Posté le: Dim Déc 14, 2003 1:19 pm
Sujet du message:
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Bonsoir,
Je pense qu'une petite erreur s'est introduite en effet, d'où la remarque justifiée de mes prédécesseurs. A Carthage, il faut lire "au plus tôt" au IId siècle et non, comme il est écrit "au plus tard".
Explications:
Les versions latines sont venues plus tard puisque dans l'Empire Romain, c'est le grec hellénistique,dite la Koïnè (ou kini), qui était la langue vernaculaire. Et cela se comprend quand on sait que le grec a déjà derrière lui une longue tradition multiséculaire de philosophie, sa syntaxe, son vocabulaire, souple et riche, pouvaient bien rendre compte, à un maximum de pesonnes "civilisées" par Rome, de la nouvelle religion. Le latin s'imposera vers le IIIème siècle.
Le Nouveau Testament, comme on sait, a été écrit en grec kini et avait pris pour habitude, depuis les juifs hellénisés bien des siècles avant jésus-Christ, de lire les Textes sacrés en grec dans la traduction de la Septante.
A ce propos, j'ajouterai que septante est un mot français encore en usage en Suisse, en France du Sud et en Belgique pour dire "soixante-dix" qui est un barbarisme de l'Ile de France. En vieux français comme en provençal et en occitan on disait "septante" comme en italien on dit settante ou en anglais seventy et dans bien d'autres langues. C'est la France de Paris qui a imposé à l'Hexagone son patois et ce curieux "soixante-dix"... et la télévision n'y est pas pour rien.
Après cette digression, je devrais ajouter qu'il n'y a pas des millions de traductions, mais qu'il y a autant de traductions de la bible qu'il y a de locuteurs ... Et c'est logique, puisque les Sociétés Bibliques se donnent pour tâche, depuis de nombreuses années, de faire connaitre la Bible en s'adressant dans la langue du public visé. On se souviendra sans doute des traductions d'Erasme et de Lefèbvre d'Etaples en français), de Martin Luther en allemand. Jusqu'alors l'eglise catholique romaine imposait la Vulgate latine comme seule Bible de référence. L'humanisme, et la réforme participe de ce mouvement, va retrouver le gout de l'authentique par un retour aux sources, donc, en matière de religion, aux traductions à partir de l'hébreu deet du grec .
Les protestants, dont je suis, ont toujours eu cette double attitude depuis la Réforme protestante
:
1) traduire et faire connaitre la Parole de Dieu dans la langue des gens, dupeuple;
2) étudier les langues bibliques, le grec et l'hébreu, pour connaitre la Parole en tant que telle.
Traduire est touours un peu trahir un texte, d'où l'importance d'étudier, pour les pasteurs par exemples, le texte original.
Par original, je sais ce qu'on me dira, nous ne les avons pas. Cependant, les témoins sont très nombreux en la matière, de sorte que des éditions critiques fiables existent bel et bien. Je fais référence ici aux travaux des Allemands, surtout Eberhard Nestle (Novum Testamentum Graece cum apparatu critico, UBS, London, dont la première édition date de 1898 (Württembergische Bibelanstalt Stuttgart).
Cette bible grecque contient une introduction très technique que tout "pasteur" a dû lire lors de sa formation (en théorie). Dans celle-ci on voit bien que le texte que nous avons sous les yeux est fiable et que les différences entre les témoins (= les manuscrits, les papyri, les vélins, les lectionnaires etc.) portent sur des points de détails (ex. des confusions de mots, des prépétitions de mots, des sauts de ligne, des trous dans le manuscrit etc. mais jamias sur des points de doctrine essentielle).
De plus, lorsqu'il y a difficulté, les biblistes proposent toujours la "lectio difficilior", càd la "leçon difficile", celle qui embarrase, qui ne va pas dans un sens "normal". De plus, lorsqu'il y a dificulté, les bibles proposent généralement une autre traduction en bas de page, comme la TOB, la Jérusalem ou la Segond.
C'est tout le contraire qui s'est produit avec l'élaboration du coran où l'on a gommé toutes les différences pour produire un texte unique, le même pour tous, à jamais.
Enfin, dernier point à signaler, les travaux et les découvertes archéologiques les plus pointues viennent confirmer les textes bibliques de manière très inattendue. Les scientifiques positivistes des XIXè et XXème siècles voyaient dans la science le moyen de détruire la religion (ou les religions), et l'on voit qu'au contraire la science vient à l'appui des thèses bibliques: la Bible n'invente rien car elle témoigne de son propre passé, des cultures qu'elle a traversées avec plus ou moins de bonheur, des langues, des civilisations que le "peuple-prophète" a rencontrés sur son chemin. Abraham est un produit de la civilsation chaldéenne que nous ne connaissons que depuis le XXème siècle grâce aux découvertes archéologiques. Même l'Egypte nous ne la connaissons plus ou moins bien qu'à partir de l'époque napoléonienne par Champollion, mais c'est au XXème siècle que l'Egypte s'est fait connaitre... nous ne la connaissions avant cela que par la Bible.
Que dire des Mèdes, des Perses, etc. ?
Concernant les Papyrus:
il y en a 76 notés p1 à p76 et ils datent du IIIème siècle au VIIIeme s. certains contiennent tous les évangiles, d'autres non, voire un seul, ou les Actes, ou l'Apocalypse.
Les Onciaux sont référencés de 01 à 045 et datent du IVème s. au IXème s. Le 027, de Rome date de 949.
Les onciaux 046 à 0234 sont de la même période, à partir du VI ème siècle... et contiennent les évangiles et les lettres pauliniennes.
Les Minuscules sont notés de 1 à 2878... au plus on avance dans le temps, au plus on a des "témoins"... c'est très normal... et ils sont forcément plus récents. C'est à partir du Xème siècle qu'on les trouve jusqu'au XVème siècle.
Après, comme vous le savez sans doute, l'imprimerie va faire des merveilles... vous savez: Gutemberg.
Mais c'est pas tout, car il y a encore les lectionnaires qui sont d'un usage liturgique et comportent des textes bibliques pour ponctuer l'année. Ils sont notés l10 à l1761, dont certains sont fragmentaires (les l309, l490 et l1610). (le l = lectionnaire)
Bon... inutile de préciser que ces manuscrits sont dans des Musées (à Londres, Berlin, Bruxelles, Paris, Genève, Rome, aux Etats-Unis d'Amérique...)
Ce travail de recension existe également pour le Premier Testament appelé Tenakh qui est un simple acrostiche ( Torah = Pentateuque, Nebhiim = Prophètes et Ketoubhim = Ecrits saints).
Pour l'Ancien Testament malheureusement, je ne pourrai pas être aussi clair car les témoins sont nombreux mais sont identifiés à l'aide de nom et ou de chiffres.
L'Itala ou Vieille latine date du Second au IVème s.
La Vulgate de Jérôme (IV - Vème s.): vg, vg cl (dit la Clémentine), vg ww (ou édition Wordsworth-White qui diffère de la vg cl sur certains points).
La version syriaque : vieux syriaque (dont le sinaîticus syr s) et la Peshitta.
La version copte: III-IV s. (sahidique, bohairic etc.)
La version gothique du IV siècle.
La version arménienne date du Vème s.
La version éthiopienne (VIème s)
La version géorgienne est du Vème s.
Une version nubienne (du VIIIème s.)
Il existe aussi une version arabe, une autre en vancien haut-allemand, une version perse, une version en provençal et une autre en vieux slavon.Pour mémoire, je rappelle qu'un T.R. ou Textus Receptus avait été élaboré en 1551, 1559...
Je vais m'arrêter ici...
A bientôt,
Patrick |
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